Bojarski, le plus grand des faussaires !

Artiste ? Criminel ? (re)découvrez le Cézanne de la fausse monnaie, surnom donné par la police Française (épisode 1).

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Vous avez sûrement suivi la vente CGB de la collection Fayette. Une de vente les plus attendues pour tous les passionnés de billets de banque que nous sommes !

Lors de cette vente, une paire de 100 nouveaux francs Bonaparte fabriqués par Bojarski ( lot 4610077 ) a réalisé une vente record le 11 avril 2023 avec un prix de 20.600 € (frais inclus) ! Ce lot exceptionnel contenait une paire de billets et a illustré les ouvrages de Mr Fayette toutes éditions confondues.

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C'est l'occasion de vous présenter Czeslaw Bojarski ! Voici son histoire:

Pendant 10 ans, grâce à sa discrétion, il a réussi à imprimer et écouler en France une énorme quantité de faux billets, sans éveiller le moindre soupçon ! Il était si talentueux qu’il a même réussi à tromper les employés de la Banque de France.

Mr Bojarski est d’origine polonaise. Il a obtenu les deux diplômes d’ingénieur et d’architecte la même année. Il voulait devenir inventeur, mais la situation internationale de l’époque va mettre rapidement fin à ce rêve.

Il arrive en France en 1940 et s’installe à Marseille. Sa première contrefaçon fut réalisée en 1950 avec le 1000 francs type 1945 « Minerve et Hercule ». C’est l’année suivante que la Banque de France signale dans la région parisienne le trafic de ces faux billets « bleu » irréprochables.

Bojarski décide de se construire une maison entièrement conçue pour son activité illégale. Il aménage dans la cave de sa villa et par ses propres moyens, un atelier secret, composé de machines de récupération et du matériel rudimentaire ! Même l'eau nécessaire à la fabrication provenait de la récupération des eaux de pluie. Il se sert du papier de la Banque de France pour créer son propre papier. Il fabrique lui-même sa pâte à papier à l'aide d'une machine de son invention en utilisant du papier à cigarettes de marque au Odet Cascadec Bolloré (O.C.B.) et du papier calque dans des proportions bien définies. Il fabrique sa propre encre ainsi que la presse pour imprimer ses faux billets.

Une fois qu'il crée son premier faux billet (un Minerve et Hercule), il va à la boucherie pour voir si le commerçant se rend compte du faux billet. Cela fonctionne ! Il retourne chez lui avec la monnaie de ses mille francs et un petit poulet. C'était pour lui un moment unique, il ne croyait pas ses yeux quand il a obtenu son premier faux billet et bien la découverte de son grand talent.

Il travaille la nuit afin de ne pas éveiller les soupçons de sa femme.Il était réputé bon époux et bon père de famille donnant à ses enfants une parfaite éducation. Aux yeux de sa femme, il était un homme honnête, gros travailleur, assez secret dans ses affaires et soucieux de sa tranquillité. Il a fait l’objet d’un examen psychiatrique à l’hôpital de Villejuif, dont les conclusions le dépeignaient comme un homme d’une intelligence supérieure à la moyenne.

Pendant 12 ans il a fait tourner la police française en bourrique: Une des plus grande affaire de fausse monnaie !Il était très attentif à ne pas se faire remarquer par la police. Bojarski a réfléchi à la manière dont il devait être prudent. Il faisait tout avec une grande intelligence pour éviter de réveiller des soupçons. Par exemple sortir et entrer du métro de manière hasardé et ne jamais acheter dans les mêmes commerces. C'est grâce à sa prudence et ses précautions que Bojarski parvient à écouler discrètement un par un ses faux billets dans toute la région parisienne. Il pouvait acheter à Reims des stylos, des cigarettes dans une autre ville, acheter des journaux au sud de la France et ainsi chaque matériel nécéssaire dans un village différent. C'était aussi une manière d'écouler chaque faux billet de manière bien pensé pour pas être découvert.Face à cette stratégie, la Banque de France est restée impuissante et la police croyait que ces contrefaçons étaient fabriqués par une organisation criminelle.

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Le Cézanne avait réussi à fabriquer tout seul pendant 12 ans un peu près de 300 millions d'anciens francs. Il fût condamné à vingt ans en prison.

Aujourd'hui ces faux billets sont considérés comme de véritables petits chef d’œuvres, activement recherchés par les collectionneurs de billets de banque.
En 2008, l’un d’entre eux a été adjugé à plus de 5500 €. Aujourd'hui avec la vente de la CGB, le prix a doublé !

Voici une liste sur quelques défauts pour reconnaître un Bojarski :

  1. La mèche de Bonaparte est plus fournie.
  2. La feuille verte, au-dessus du 1 de 100 NF est mal fermée.
  3. Il manque une branche à la première étoile orange située en haut à gauche. C'est une des erreurs les plus faciles à reconnaitre.
  4. Les fleurs et fruits de la frise du haut sont hachurés moins finement. Il y moins d'encre, et c'est moins précis que sur le vrai. A l'œil nu, faire la différence entre le faux et le vrai est impossible.
  5. Le filigrane est plus large que l'authentique.

Fayette éditions à crée un outil en ligne pour vérifier de manière simple si votre billet de 100 NF Bonaparte est un faux Bojarski. Cela consiste à une base de données qui contient les références des 7047 faux billets répertoriés entre novembre 1962 et mars 1975. Il suffit donc de comparer le numéro de votre billet à ceux qui ont été enregistrés, la réponse est immédiate.

Trouvez la suite de cet article, nous aborderons le processus de fabrication et l'enquête policière.


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