Contexte historique

La Nouvelle-Calédonie est découverte en 1774 lors de l'expédition menée par l'explorateur anglais James Cook. Ce territoire lui rappelle la province Caledonia de son écosse natale et le navigateur baptise alors l'île de ce nom. L'expédition de 1788 de la Pérousse permet de découvrir la côte Ouest de la Grande Terre. Mais c'est à partir de 1827 que l'île est définitivement située sur une carte par l'explorateur français Jules Dumont d'Urville. À cette époque, la France de Napoléon III est en recherche de nouvelles terres vierges pour y fonder une colonie pénitentiaire et renforcer sa présence, encore faible, dans le Pacifique face aux Néerlandais et aux Britanniques.

En 1853, L'île Cook (ou Caledonia) devient officiellement un territoire français et son nom est francisée en Nouvelle-Calédonie. La colonisation est en ordre de marche et les premiers colons débarquent à Nouméa en 1843. En 1860, la colonie est séparée des Établissements Français de l'Océanie (Tahiti) pour être administrée civilement à partir de 1884. Les vagues successives de colons et de condamnés au bagne entraînent l'installation rapide et durable de populations européennes. Cet implantation et le développement envahissant de l'indigénat par le pouvoir colonial n'est pas sans poser de nombreux problèmes avec la population d'origine kanake et provoque de fréquentes révoltes...



La période contemporaine

En 1940, La Nouvelle-Calédonie rallie la France Libre dès septembre et sert ainsi de point d'appui géographique à l'armée américaine au cours du confit qui l'oppose aux japonais dans le Pacifique. Après la guerre, le territoire connaît une croissance économique rapide et importante grâce à l'exploitation des gisements de nickel découverts au XIXe siècle.

Le début des années 1980 est marqué par l'apparition de vives tensions entre opposants et partisans de l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Des affrontements réguliers provoquent une insurrection généralisée entre 1984 et 1988. Ces tensions atteignent leur paroxysme le 4 mai 1989 avec l'assassinat du leader indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou. Les deux camps s'engagent alors dans des négociations qui aboutissent à la signature des accords de Matignon le 26 juin 1988 prévoyant la mise en place d'un statut transitoire de dix ans, devant se solder sur un référendum d'autodétermination pour que les Calédoniens se prononcent pour ou contre l'indépendance. Cet accord est complété par l'accord de Nouméa du 5 mai 1998 autorisant d'organiser jusqu'à trois votes... Lors du premier référendum d'autodétermination organisé le 4 novembre 2018, les électeurs avaient voté « non » à l'indépendance à 56% des votes exprimés, tout comme le second référendum en date du 4 octobre 2020, donnant également une majorité au « non » à l'indépendance à 53% des votes exprimés... à suivre !



Les émissions de billets

1] Les précurseurs

Le premier billet pour la Nouvelle-Calédonie apparaît sans doute en 1850 avec le 1 pound de l'île des Pins. Ce billet non émis n'existe qu'à de rares exemplaires unifaces du recto. Il faut attendre 1874 et la création de la Banque de la Nouvelle-Calédonie pour voir les premiers billets « au porteur et payables à vue » destinés à l'économie locale avec les très rares coupures de 5, 20, 100 et 500 francs Type 1874. Mais la banque au capital de 4 millions de francs cesse brutalement ses paiements en octobre 1877 et est déclarée en faillite en novembre 1887. Les billets n'auront pas véritablement eu le temps de circuler et certains resteront même à l'état de projet. Entre 1874 et 1875, la Compagnie de la Nouvelle-Calédonie met en circulation quatre billets identiques : un 5 francs bistre, un 20 francs vert, un 100 francs bleu et un 500 francs (dont la couleur nous est inconnue car billet non retrouvé). Ces billets seront émis une première fois sous l'intitulé « Succursale de Nouméa » et une seconde fois sous l'intitulé « Établissement de Nouméa ».

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100 francs Type 1875. Dimensions : 150 x 102 mm. Références : Pick : #8, TBB : #B202 ou Kolsky/Musynski : #KM472.



2] Les billets de la BIC

La Banque de l’Indo-Chine (BIC) est une ancienne banque privée française fondée le 21 janvier 1875 à Paris par le Comptoir d'escompte de Paris et le Crédit industriel et commercial (CIC) et remplacée en 1974 par la Banque Indosuez. La Banque de l’Indo-Chine (ou Indochine) reçoit de l'État, le privilège de battre monnaie. Initialement prévue pour être la banque d'émission de la Cochinchine (succursale de Saïgon ouverte le 26 avril 1875) et des comptoirs de l'Inde (succursale de Pondichéry ouverte le 8 janvier 1877), son privilège s'élargit au fil du temps sur l'ensemble des colonies françaises d'Asie, d'Afrique et du Pacifique. Implantée dans des territoires qui manquaient cruellement de fonds, c'est elle qui assura l'essentiel de la mise en valeur de contrées aussi diverses que l'Indochine, la Nouvelle-Calédonie ou Djibouti. La BIC émettra en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie de 1888 à 1963. Concernant les premières émissions, tous les billets émis particulièrement entre 1888 et 1925, dont certains ont été conçus et gravés par des artistes de renom, sont à classés parmi les plus rares et les plus belles réalisations de l'histoire du papier-monnaie des colonies françaises.

Vous trouverez ci-dessous la liste complète des émissions de la Banque de l’Indo-Chine concernant la Nouvelle-Calédonie :

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100 francs Type 1888. Dimensions : 204 x 119 mm. Références : Pick : #12, TBB : #B302 ou Kolsky/Musynski : #KM406).





Nos sources

Nota : Les billets sont libellés avec la mention « Banque de l'Indo-Chine » de 1888 à 1927 et « Banque de l'Indochine » à partir de 1928 !