Les impressions américaines 1944-1945

Les « francs complémentaires » débarquent en France avec troupes les alliés le 6 juin 1944. Cette première émission a été préalablement réalisée aux États-Unis par l'imprimerie Forbes Lithograph Corporation située dans le Massachussetts. Les huit coupures de 2, 5, 10, 50, 100, 500, 1000 et 5000 francs ne font pas mention de l'institut d'émission, mais comportent au verso un drapeau tricolore accompagné de la devise « Liberté, égalité, fraternité » indiquant le pays de leur circulation. Si les français accueillent plus ou moins bien ces « French Dollars », il en est tout autre sur le plan politique. Décidée en 1942 sans l'accord du Comité français de libération nationale (CFLN) et imprimée par le Gouvernement Militaire Allié des Territoires Occupés (AMGOT), cette émission égratigne la souveraineté monétaire française. Dès le 10 juin, De Gaulle parle même de « fausse monnaie ». Le gouvernement provisoire finit par accepter la validité de ces billets en échange d'une impression de moindre importance et de la reconnaissance de son indépendance monétaire. Mais à la veille de l'échange des billets de juin 1945, la Banque de France reste toujours dans l'incapacité à fournir suffisamment de coupures pour restaurer sa situation monétaire nationale. Une deuxième émission est donc décidée avec cinq nouvelles coupures américaines de 50, 100, 500, 1000 et 5000 francs. Celles-ci comportent les mêmes caractéristiques visuelles que l'émission de 1944 avec quelques petites différences notables au recto, ou le mot « France » remplace « Emis en France », et au verso, où le drapeau tricolore est remplacé par le mot « France ». Malgré une impression multicolore, tous ces billets de « Fabrication américaine » subissent des contrefaçons à grande échelle et plus particulièrement les coupures de 100 francs Verso France Type 1945 (Pick #123)et 500 francs verso Drapeau Type 1944 (Pick #119).
 

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